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Frontières |
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Avec Guillaume Apollinaire et Leslie Kaplan :
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Devant la porte : Johanna Tu aperçois la porte en bois avec les barreaux en fer et la sonnette blanche contre le mur. Tu vois toutes les maisons qui bordent l’autre côté de la rue et tu aperçois même les toitures des maisons cachées de différentes couleurs. Tu vois la rue encombrée de maisons et de bonhommes qui font des travaux sur le chantier pas loin de ta maison. Tu vois et tu vérifies que la fenêtre de ta chambre est fermée, juste en te retournant un peu sur la droite. A ta gauche, il y a encore cette rue mais dans cette direction tu sais qu’il y a, et tu vois la boulangerie et à côté la maison de tes amies. Tu vois le mur où sont inscrites les lettres indiquant le nom de la couturière. Tu regardes dans le garage, le sol est plein de gravier et de tâches d’huile.
Le pont : Angélique Tu vas t’asseoir sur le pont Tu allumes une cigarette A droite tu vois de l’eau, et à gauche aussi Parfois tu aperçois un ragondin se faufiler dans l’eau Et une famille de canards en sortir Puis tu as si froid que tu décides enfin de rentrer.
Le banc : Angélique Tu te lèves et comme tous les jours tu sais que tu vas passer un temps fou à l’attendre Tu te demandes s’il va venir ou s’il va t’oublier Tu t’assois sur le banc, ce même banc en bois Tu vois les mêmes gens qui passent et qui repassent à longueur de temps Tu vois le même pépé avec le même béret bleu à carreaux qui fixe sa montre Tu vois les vendeurs s’agiter Tu vois les vigiles passer et repasser Enfin tu le vois arriver le sourire aux lèvres Et tu es soulagée qu’il ne t’ait pas oublié
Plaine des sports : Loïc Tu rentres au stade, à droite tu vois les deux courts de tennis. Au loin tu vois l’école maternelle et la route qui passe juste devant est bordée de maisons. Au second plan tu regardes le parking. Il permet aux routiers de se reposer la nuit. De l’autre côté tu aperçois le derrière du cinéma, à côté les petits vestiaires, Tu aperçois un peu la salle multisport. Devant toi, au loin la vigne, au premier plan tu vois le stade où les potes sont en train de s’amuser. A côté du stade les tribunes s’imposent, juste derrière tu aperçois la piscine, tu distingues le plongeoir. Derrière toi au premier plan tu vois l’entrée du cinéma. Tu regardes les affiches des films de la semaine, en arrière-plan tu vois les maisons souvent mitoyennes juste devant la route. Sur la route énormément de véhicules, souvent des poids lourds. A la piscine beaucoup d’enfants qui font du bruit. Certains sortent, d’autres rentrent. Sur la place généralement un ou deux poids lourds garés côte à côte devant le stade de tennis.
Arrêt de bus : Virginie R Tu te trouves à l’arrêt de bus de Pey Harry, sur le côté. Tu vois les feuilles mortes avec les châtaignes et les glands.Sur le côté tu vois la cage aux poubelles, un petit chemin et le château d’eau. Et tu aperçois des personnes qui marchent vers toi. Sur l’autre côté la route qui mène au stop et ensuite la route qui descend la côte. Tu vois le terrain de foot et les butagaz fermé par un grillage, et le petit jardin fait par les habitants. Ensuite un champ avec des moutons, des pommiers et des noyers. Tu vois les bâtiments et le parc à jeux des enfants. Au loin l’immense champs et derrière tu aperçois les arbres du bois. Tu te tournes et tu vois des personnes à l’arrêt de bus et au loin les bois qui se prolongent dans la pénombre.
Après tempête : Delphine C Tu aperçois la petite barrière faite avec trois grosses branches d’arbre. L’entrée est en pente douce et remplie de petits cailloux gris. Devant toi les grands peupliers et le châtaignier, les grands arbres dont tu ne connais pas le nom, mais est-ce vraiment important ? Oui, tu aimerais tous les connaître. Tu attends doucement. L’autre parcelle est à ton voisin, le bois est coupé et posé en tas bien faits. On voit les rayons du soleil qui brillent et passent entre chaque tronc. Le soleil t’éblouit, mais il remplit ton corps et ton cœur de chaleur. Tu vois au loin les barbelés, la fin du monde. Il n’y a plus de tas de feuilles légèrement brunies. Rien. C’est le désert qui te rend triste à chaque fois. Tu vois le grand chêne tombé par la tempête. Tu sens l’odeur du bois. Tu ne peux pas le déplacer, il devra rester là, à tout jamais. Tu aimerais bien pouvoir faire quelque chose. Dans le cœur du bois, si tu ne fais pas de bruit, tu peux apercevoir un renard ou une biche qui viennent boire à une petite flaque d’eau qui est dans un creux, toujours au même endroit. Tu regardes ton chien qui court dans les feuilles, tu le surveilles car il est jeune et intrépide. Tu veilles sur tes cousins et sur ta sœur, tu les conseilles. La tempête a fait tomber beaucoup d’arbres, parfois il est dangereux de se promener dans ton bois. Tu sors du bois, tu revois la même petite barrière d’un angle différent. Et comme à ton habitude tu t’arrêtes, car tu quittes ce lieu rempli de merveilles à regret. Ne rêves pas trop car sous tes pieds la terre est glissante.
Limites : Laure Tu es là, au milieu d’un parc à la campagne Tu es assise sur un rondin de bois, tu vois ce terrain de pétanque désert. Seuls les lampadaires illuminent cet endroit. Toujours là tu écoutes l’eau qui coule sous ce pont de pierre. A ta droite, à 500 mètres de toi, ton arrière-grand-mère est là assise, en train de lire dans son jardin. Et ce chien, toujours le même. Tu le suis du regard. Il est sous cet arbre, contre le tronc. A ta gauche ce champs de maïs. Seul le vent le frotte histoire de faire une légère musique qui relaxe. Tu entends la dame qui appelle ses filles très désobéissantes afin qu’elles viennent l’aider à faire les tâches ménagères. Cet endroit est très calme. Tu vois au loin cette grange abandonnée qui menace de s’effondrer.
Derrière toi, cette salle de basket très bruyante. Il s’agit des supporters qui encouragent l’équipe d’Issac.
Lundi, mardi, jeudi : Yael Tu étais assise à la petite table du fond, côté baie vitrée. Tu venais là tous les jours à cette époque. Ce jour-là, tu t’en souviens, c’était un lundi, un mardi ou un jeudi peut-être. « Un p’tit café ? » Pierre le barman savait tes habitudes. A la table d’à côté une femme était assise, elle avait posé ses mains sur celles de son mari, ils parlaient fort mais tu n’écoutais pas. Tu regardais dehors, comme toujours, les gens qui passent. Ce jour-là tu t’en souviens, c’était un lundi, un mardi ou un jeudi peut-être, toujours ton petit café. Pierre préparait déjà les repas du midi, ça ne traîne pas au Tourny ; quiches, pizzas, tartes aux poireaux. Les garçons passent et repassent de plus en plus vite. Mais tu regardais dehors, comme toujours, les gens qui passent. Ce jour-là tu t’en souviens bien c’était lundi, il faisait froid, très froid. La fontaine de dehors avait gelé. Un petit garçon jouait sur cette patinoire artificielle, il essayait tant bien que mal de se tenir debout. Et ce vendredi, Pierre (ou son patron d’ailleurs) avait mis la radio, tu regardais les gens qui marchent en rythme avec la musique, et cette petite mamie qui se déplaçait sur Nirvana. Et derrière il y avait ces voitures, toujours plus nombreuses, toutes essayant de se frayer un chemin dans ce rond-point qui n’avait plus l’air de rien. Mais toi tu ne regardais ni les mamies, ni les voitures, tu n’entendais pas les voix.
Toi, pour LA voir, tu regardais dehors, les gens qui passent.
Nouvelle : Mathilde Tu es assise sur le banc, le bruit de la fontaine que tu entends au loin te rappelle ton enfance, quand tu allais te baigner, les éclats de rire, le bien-être dans lequel tu te trouvais. Ce gros chêne te sert de maintien, tu es abasourdi par la nouvelle, tu sens ton cœur battre, tu respires fort. Mais quel bonheur. Face à toi tes amis qui parlent entre eux, tu n’arrives pas à entendre ce qu’ils disent, le bruit se mélange dans ta tête et cela te donnes l’impression d’être ailleurs qu’avec eux. Tu observes la dame qui se trouve à ta droite, tu regardes tous ses gestes si tendres envers la petite tête blonde qui lui sert d’ombre.
Debout : Emmanuelle Tu es debout, en face de toi un terrain de foot, autour des athlètes qui courent autour du terrain, tu les regardes faire leur tour, en explorant leur pas de course. Devant toi des gens courent. Ils font des allers-retours sans l’ombre d’une fatigue. Toi, tu commences à sentir la peur qui arrive en attendant ton tour, assise sur la chaise et en écoutant qu’on appelle ton numéro 20.
Debout, en fumant ta cigarette, tu regardes des jeunes danser sur la piste. Ils rigolent et toi, t’es immobile, la musique ne te plait pas. Assise dans ce bar tu bois ton jus d’orange. Quand tu regardes par la fenêtre tu vois des gens, et surtout des hommes et des femmes main dans la main, en train de rigoler, ou de se disputer. Chacun exprime des sentiments mais tu ne sais pas ce qu’ils racontent et tu es curieuse, alors t’imagines.
Assise : Claire
Tu es assise sur ce vieux banc, d’un marron affreusement triste. Devant toi un jeune homme à l’allure nonchalante, un tas de sacs à côté de lui. Sur la gauche une petite mamie avec son petit chien assis sur ses genoux. En face de toi, ce vieux train couvert de graffitis où tu vois écrit : Direction Limoges. Tu es assise sous le porche, à côté de toi une amie, l’air réjoui, une cigarette à la main. Sur ta gauche un autre groupe, certaines sont encore un peu endormies alors que d’autres rient aux éclats. Tu regardes le ciel, le temps n’est pas très joyeux ce matin encore. Dans le parc un arbre rouge vif te redonne cependant un peu de joie. Tu es sur le perron de ta porte, devant toi ce petit chemin blanc, une poule passe près de toi, suivie de ses petits poussins. Plus loin tu vois ces grands prés, où tu aimes passer de longs moments en compagnie de ta jument. Quelque chose est derrière toi, se frotte, c’est ton chat qui réclame ton attention. La voiture devant toi n’avance pas ta mère commence à s’impatienter. D’où tu es tu peux voir toutes ces voitures arrêtées. Derrière tu remarques que la jeune femme prend le temps de se maquiller. Sur ta gauche un enfant promène son gros chien, avec beaucoup de peine. Sur ta droite encore un malin en scooter qui veut doubler à tout prix. Sur ta gauche une fille, sa main tient sa tête, elle a l’air de s’ennuyer. Sur ta droite celle-ci est affalée, tu pourrais croire qu’elle dort. En face tu vois une rangée de filles, toutes ont l’air triste. Toi, tu n’écoutes plus, tu observes, ton regard se plonge dans la fenêtre, tu regardes l’action de l’automne. Tu vois les feuilles valser inlassablement, tu esquives un sourire.
Allongée, les yeux lourds : Charlène Tu es allongée sur ton lit, tu observes les différentes taches de la fausse poutre. Soudain, elles prennent vie : une ressemble à un chat, l’autre à une tortue, l’autre à côté est déjà morte. Allongée tu es prête à éteindre la lumière qui est à ta droite, mais juste à côté d’elle le réveil te signale : 23 h00. Derrière lui, il t’interpelle, tu lui parles, mais lui ne répond pas. Tu es allongée dans ton lit, fatiguée d’une longue journée, tu remontes ton coussin et t’installes confortablement. Tes yeux sont lourds, ils ne cessent de tomber, les motifs de toutes les couleurs bercent dans un doux sommeil. La fenêtre ouverte. Tu entends la pluie qui te donne le cafard. L’air frais rentre dans la pièce, mais toi tu es réchauffée dans ton lit douillet. L’air frais enveloppe la chambre et viens te réveiller par la douce mélodie du gling-gling accroché au rideau. Tout est calme. Rien autour de toi ne bouge. Pas un bruit. Mais comme toujours le claquement de cette porte ne cesse. Il t’insupporte. Ceci est du au courant d’air du garage qui s’étend jusqu’à la salle puis frappe à ta porte. Le plafond est blanc. Au-dessus de ton lit, tout est blanc, le seul objet est l’abat-jour, bleu comme tout le reste. Ah, si, il y a aussi aux quatre coins d’immenses toiles d’araignées. Il va falloir penser à y faire de l’ordre. Sous la couette tu es bien au chaud. Cependant il faut attendre un peu que tu lui donnes sa chaleur. Tu montes la couverture jusqu’au dessus de ta tête. On ne te voit plus, cependant toi tu peux apercevoir des fragments de lumière qui pénètrent ta caverne. Dans ton lit, tu lis. Ce sont les lignes qui tout à coup se confondent qui te rendent vulnérable au sommeil. Dans ton lit, t’écris. Cela t’apaise, tu peux alors être en paix avec tes pensées, mais son moelleux est tout aussi gênant pour ce type de travaux.
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Biographie de Michèle Sales |
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