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Frontières | ||||||||||||||||||||||||
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François Bon |
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-.oOo.- Mathilde Chastenet Nadège Bonnet Audrey Cheyssoux
Dire/écrire la ville
15h02 La blonde prend son ticket. 15h03 Les gens s’entassent les uns sur les autres 15h04 Les pompiers traversent les boulevards comme des V8 15h08 Les fleurs sont de sortie sur les tenues vestimentaires 15h05 Avec du retard la police arrive 15h09 La CRS prend un malin plaisir à verbaliser un petit jeune en scooter 15h11 Un petit couple se mange la bouche devant la banque, le dîner est en préparation 15h12 La mamie de derrière ne quitte pas ses lunettes de soleil malgré la pluie et un temps des plus gris 15h13 Le jeune serveur a dû partir en Colombie chercher notre café dans les caféiers 15h14 Maman C. passe chapeautée comme une princesse dans son carrosse rouge, elle ne nous a pas vues 15h18 Nos cafés sont là ! 15h19 Des employés communaux finissent d’installer les guirlandes lumineuses, qui à la nuit tombée, en cette période de fête, illumineront notre ville 15h21 Les parapluies couleur arc-en-ciel sont de sortie et la couleur argent fait ravage aussi 15h22 Une horde de gendarmes sillonnent les rues de Périgueux 15H23 Une péteuse vient dandiner ses fesses devant nous 15h27 Deux acharnés depuis 10mn essayent tant bien que mal de nettoyer les vitres des cabines téléphoniques malgré le temps de merde 15h28 Les deux mamies habituées de ce café quittent celui-ci d’un pas non rassuré, elles ont peut-être un peu bu ! Et le parapluie arc-en-ciel passe et repasse 15h30 Ce doit être l’heure de la sortie des toutous et des femmes enceintes Les serveurs grouillent comme des fourmis derrière le comptoir 15h34 Le gloussement d’Audrey attire les foules. Nous sommes à la période des calendriers 15h35 Mamadou parcourt les rues de Périgueux, elle a sorti ses imposantes boucles d’oreilles de forme octogonale 15h36 Deux mauvaises plantes viennent de pénétrer dans le paradis des belles plantes. 15h37 Les hublots du Titanic sont en train de se noyer sous la pluie 15h39 Un vieil homme nous envoie des baisers à travers la baie vitrée 15h40 Une odeur de cigare nous irrite les narines 15h43 Le serveur nous ignore. Les serveurs sont payés à quoi faire ? 15h46 Le bus allant à l’hôpital va arriver : il y a une agglomération de malades devant l’arrêt 15h53 Une nouvelle tournée de cafés arrive 16h10 L’age mature laisse place à la jeunesse : c’est la sortie des cours 16h25 Les mamans se ruent à la sortie des écoles pour récupérer leurs bambins.
-.oOo.- Dire/écrire le monde
Delphine Cagin
On s’est installé dans un café, c’est le meilleur endroit pour décrire une ville, car tous les habitants vont au café. Par la fenêtre on voit la vie qui défile, comme une vieille femme à lunettes, un homme chauve avec un bonnet et une petite boucle d’oreille. Des amoureux tranquilles dans la ville bruyante, une voiture rouge, une mère et son enfant, un taxi gris, une voiture rouge. Plus loin des femmes attendent le bus, elles sont debout, elles ne parlent pas. Une femme à l’air anxieux, une petite voiture rouge. Le feu tricolore passe au rouge, maintenant au vert, un homme brun avec un petit manteau bleu. Une femme qui veut traverser et qui d’un seul coup ne veut plus. Un homme avec un manteau et un parapluie noir et une femme avec un manteau rouge et le parapluie de la même couleur.
Et une feuille jaune-verte posée contre la bordure du trottoir.
Maintenant il y a un gros camion Dubois jaune et vert qui cache la vue. Le feu toujours au rouge. Deux jeunes filles, l’une avec un manteau noir et l’autre avec un manteau argent nous font signe – elles prennent la pose – Une femme retire de l’argent à la banque.
Et toujours la petite feuille jaune posée sur le trottoir qui surveille.
Le serveur qui sort pour parler au livreur. Un homme avec une béquille violette dans la main, une Clio grise une blanche – une femme noire avec un parapluie arc-en-ciel, un homme sévère et triste habillé en noir avec des petites lunettes - le camion jaune enfin parti, j’ai entendu et vu une voiture de police avec quelqu’un derrière. Une femme aux cheveux roux qui marche vite, qui n’a sûrement pas le temps de vivre. Encore une femme avec son enfant, un couple de personnes âgées – il y a encore les femmes qui attendent leur bus – un scooter rouge et gris - une Peugeot noire avec le feu de stop en haut – un couple d’amoureux âgés qui rentrent en même temps – une femme seule avec un manteau bleu – la même femme noire avec son parapluie arc-en-ciel – un homme avec une mallette – une femme avec un imper jaune et un sac noir – une ambulance, un homme habillé façon sportif trop pressé – une voiture grise accidentée sur le côté droit – le SAMU passe sans le gyrophare
Et la petite feuille jaune qui est toujours là.
Deux Péribus sont arrivés avec leurs beaux traits verts et quelques gens dedans – encore une ambulance mais plus grosse – les femmes sont montées dans le bus car elles ne sont plus là – un homme efféminé habillé tout de noir – deux jeunes qui me regardent – un homme qui traverse au rouge – une femme qui regarde les vitrines sûrement pour les cadeaux de Noël, sur les lampadaires les petites lampes qui illuminent la ville – un homme des rues avec son fidèle compagnon, une bourgeoise beige –
Et toujours la petite feuille qui ne demande rien
Un homme pressé avec une pochette orange dans la main gauche – une femme avec des fausses feuilles mortes sur son parapluie – une grosse voiture bleue avec un A derrière, une voiture de la poste un vieux petit couple sous le même parapluie – un homme cheveux gris l’air perdu, une auto-école grise, un Péribus avec l’affiche du film d’Harry Potter, deux filles du lycée – un taxi gris, une femme qui regarde la vitrine voisine, des amis quinquage (3 femmes et un homme) – une voiture avec cinq personnes dedans dont un petit bébé pas attaché – le Péribus n°2 – une petite femme avec manteau mauve – la grosse fourgonnette de la police sans les gyrophares – un homme avec un long nez et un grand imper beige – des lycéennes dont une est au téléphone.
Dans le café de Paris les vies se croisent, s’emmêlent, se parlent ou ne se parlent pas. Mais est ce vraiment important, puisque c’est vivant grâce aux gens
Mais
aussi grâce à la petite feuille jaune et verte qui, comme nous, à regardé
passer la vie. |
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Biographie de Michèle Sales
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