L'Intime / Le Monde, avec Laurent Mauvignier


 

           
             
     

  

( I )

 


tes cheveux sont un peu décolorés non ? non ça doit être le soleil.
C’est amusant parfois selon la lumière on dirait un feu de paille.
Posé sur ton visage. il y a deux accessoires : piercing, une paire de lunettes.
Le collier tribal qui pend à ton cou respecte l’équilibre de cet agencement général de ta personne.
Tout est bien équilibré chez toi, si ce n’est ta main gauche vide de tout colifichet alors que la droite affiche deux bagues dorées et une montre métallisée.
Cet air d’équilibre il est aussi sur le visage avec un regard des fois dur mais nuancé par ton sourire.
 


( II )

 

 

Tu portes au majeur de la main droite (celle avec laquelle tu écris) une lourde bague ambrée que tu as acheté il y a peu.

Durant ce voyage à Istambul alors que j’étais à la première séance de Mauvignier, moi !

Le tee-shirt rouge qui apparait sous ton pull noir, aux manches et au col - délicatement associé à un petit collier dans le même rouge

 


 

( III )

 


Ici tu es plus immobile que les autres,
tu peux t’habiller en noir en blanc,
à la table je ne vois que du blanc,
je crois que cela ne changera pas
la description de ton silence.
Car tu es silence bien sûr en cet instant,
de lui j’entends d’abord ta voix
qui vibre longuement.
Sinon, au fait, je parlerai volontiers de tes bijoux,
là aussi quelque chose d’attentif
de précis ou de précieux
 


( IV )

 


Tu as l’air sérieux est-ce vrai ou est-ce les lunettes
qui donnent cette impression, impression de sympathie aussi, ce sont surtout tes mains qui donnent cette impression,
mains aux longs doigts, mains d’artiste,
enfin tu serais un sérieux artiste ou un artiste sérieux -
 


( V ) 

 


Sûr, c’est une intello -
Blonde, fine, posée.
J’ose même pas la regarder pour la décrire
ah- Si, elle a des bagues.
 

 

( VI ) 

 


Elle a les cheveux plutôt courts, coupe soignée, boucles d’oreilles discrètes, chaîne de cou discrète, des yeux noirs derrière des lunettes classique du bleu marine, des rayures,

elle ne lève pas les yeux de sa feuille de papier, très concentrée - c’est pas vrai qu’elle me connaît par coeur!

Elle est déjà bronzée - quelle chance elle doit avoir le temps de se mettre au soleil.
 


 

( VII ) 

 


Hélène, je t’ai déjà dit cent fois de ne plus t’habiller chez Emmaüs, et puis pour ton jeans pas de quoi pavoiser, ma copine l’a refilé la semaine dernière au Secours Catho et puis tu te crois grande, tu te prends pas pour Claudia Schiffer par hasard - change d’abord de perruque -
enfin c’est pas grave, j’apprécie beaucoup ta beauté intérieure

 


 

( VIII ) 

 

 


Une allure d’éternel étudiant donnée par des petites lunettes rondes qui cachent un regard brun, un front pur, agrandi par le bandeau qui retient les boucles folles. Des reflets plus clairs éclairent la masse de cheveux rassemblés sagement
Un tee-shirt gris sous une chemise grise à rayures. Des mains fines aux ongles carrées qui courent sur le papier. Qu’est-ce qu’il écrit?
 


( IX )

 


 tu souris mais qu’est-ce que tu souris! tes lunettes épaisses rapprochent ton regard de moi et la couleur qui les environne nous rapproche des nuages. Les mains rouges et actives, la chemise blanche simple et bien en place les manches retroussées j’ai envie de peindre un paysage avec des couleurs et des gens gais. Un jean bleu comme tout le monde, une coupe de cheveu comme deux vagues distraites.
 

 

( X )

 

 

Tu portes un gilet rouge avec un trou à l’épaule, un tee-shirt noir avec l’ombre d’une panthère, ta main est rapide quand tu écris sur ta feuille, de jolis cils recourbés inspirés par ta chevelure d’anarchiste, tu as un peu de gris qui descend de tes tempes, mal à l’aise -

 


(XI )

MÉLANGE ENFANT-MAMAN
SOUS UNE TOUFFE DE CHEVEUX FRISÉS
QUI ENTOURENT UN VISAGE ANGULEUX, AUJOURD’ HUI DE NOIR V
ÊTU
MAIS TRÈS LOIN D’ EN BROYER,
ELLE NOUS DONNE TOUJOURS PAR SA VOIX, UN AIR DE (...?) ET ENJOUÉ.
POURTANT, ON NE SAIT POURQUOI
DE PAR SA BOUCHE (...?) ET RIEUSE, ELLE EST TOUJOURS EN TRAIN DE SOUFFLER.

 


 

( XII )
 


Ça brille, tu brilles, c’est vrai que c’est beau ce rouge, la flamme éternelle qu’on sent en toi.

Un p'tit sourire pendant qu’elle écrit, que ta main va vite...
hé ! Mais que racontes tu sur moi?

Je ne vois que la moitié, tu es cachée sous la table. Un petit rire qui sonne, léger comme un ruisseau. C’est vrai que tes yeux sont bleu intense, rieurs, profonds, fougueux
 


( XIII )
 


Les bretelles,

Tu me renvoies l’image d’un clown,

C’est sûrement voulu ;

Les sourcils froncés,

tu es très sérieux en fait ;

les grosses patounes posées sur la table,

rassurantes :

pour rassurer qui?
 

 
( XIV )
 


Petit visage mangé par de grandes lunettes rouges qui lui vont bien. Cheveux courts un peu à la fofolle aujourd’hui à cause du vent. Lèvres minces et roses. Yeux marrons.

Toujours beaucoup de goût pour s’habiller. A l’écoute de ses amis et pleine d’humour.

C’est ma meilleure amie depuis des lustres!
 

 

     
     

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