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( I )
B) le second, élancé, blond, sportif, crâneur -, bronzé d’une quinzaine de jours au ski, ses yeux en sont rétrécis, clignant de jour comme de nuit - une main toujours en poche sur le portefeuille, monnaie ou autre portable - 35 ans tout juste. Il pense à la prochaine victime, une nageuse olympique, blonde - le réel est la vérité, il n’en a jamais douté.
C) la dernière, fluette, mignonnette, rousse flamboyante au teint de sable - chantante, bondissante, jean et pull en laine. Elle est jeune, croque la vie sans lendemain, la seconde vaut de l’or. Des envies, projets, rêves plein la tête. ___________
A) “Je suis un con! Un con, ou même connard! Oui, je suis un con d’avoir laissé filer ma belle. Ou de n’avoir pas su la retenir. Je n’aime pas avoir tort, je n’ai pas souvent tort de toute façon. Je ne sais pas mentir, mais je ne sais pas dire. Je sais qu’elle m’aimait pas mes silences... je ne sais pas pourquoi elle me voulait autre! Tiens, regarde ce couple, qu’est-ce qu’ils pensent en réalité? hein? Ils se sourient, oui, mais je suis sûr qu’ils cachent bien leur jeu, oui. Et ce soir, ils feront l’amour, comme on étend une lessive, méthodiquement . Je suis sûr qu’elle simule de toute façon. Oh ma belle, toi au moins... Pourquoi t’es partie? Pourquoi je suis si las depuis? Pourquoi je suis là, dans cette maison? Pourquoi ne pas bouger? Changer, transformer, innover? Oui mais pour aller où? Faire quoi? gagner quoi en perdant quoi? Quand vais-je arriver à me poser?”
B) “Je sais ce que je vais faire! Non, parce que là, faut pas que je me loupe! Elle est magnifique. J’ai l’air de quoi, là? Un dogue allemand aux abois, mais je sais. Un truc! faut que j’trouve un truc, original à lui dire, elle va passer près de moi. Faut pas mollir, là hum... Allez, Bertrand surpasse-toi, c’est la coupe du monde à toi, là! Tu joues ton avenir, merde! Attends, les cheveux?...mais... les ongles? (?)...les dents, ah! les dents, c’est meurtrier la canine sur lit de scarole!...faut assurer, là! C’ests bimboland, là...oh! Putain, la vache, elle m’a sourit... Vas-y, Jeannot, allez, la balle est dans ton camp... J’peux pas lui parler de sport, elle a p’têt envie de changement, mais alors? De quoi je vais lui parler?
C) “Et si je ratais mon bac, est-ce que ça serait grave? Je serais sûrement virée par mes parents, mise à l’amende et en pension par la même occasion. Faut que j’l’aie - pas possible autrement - Pis après je postulerais bien pour une fac d’arts appliqués. J’suis nulle en math! Merde, pour un bac S, c’est cool! Mais c’est pas ce que je voulais faire en fait, c’est mon père, médecin qui a décidé - Moi, si je m’écoutais je ferais de l’art de ma vie. Heureusement qu’ils ne savent pas tout mes parents! Mais, même à 18 ans, j’en suis pas débarrassée - La vie m’est offerte, pourquoi dois-je m’enfermer, me rétrécir, m’étiqueter?
Bon, ma fille, bosse, c’est dans trois jours la philo!”
B) Michelle, grande, son sac Longchamp, petit sourire - se revoit arriver à l’hôtel de l’impératrice à Biarritz le printemps dernier.
C) Lydie, teint de fumeuse, pantalon trop serré, pense vaguement qu’elle a oublié de laisser la clé de la maison et que ça va encore faire des histoires ________
A) Pas assez de temps ce matin pour me laver les cheveux, d’ailleurs, je m’en fous le problème, c’est mon gamin - Est-ce qu’il va traîner toute la journée avec les autres dans le quartier ? J’en ai marre de toutes ces histoires avec la police, alors les cheveux lavés ou pas lavés... L’ourlet de ma jupe je m’en occupe, pas la peine non plus de provoquer une remarque venimeuse de ma chef. Ah, dormir, dormir, ne plus penser, ne plus se torturer à chercher des solutions
B) C’était bien Biarritz. Comme dans les films. Un homme, une femme, la musique qui fait shabadabada. Arrête de rêver ma vieille. Biarritz c’est fini. Juste un souvenir à repasser en boucle, jusqu’à ce que ce souvenir perde de sa réalité. Je pleure, on me regarde. Je me mouche.
C) Trois semaines aujourd’hui que j’ai arrêté de fumer. J’ai eu peur, j’avais la voix complètement enrouée. J’ai acheté des patchs, tranquillisants et j’essaie de tenir. J’ai faim, j’ai tout le temps faim, tous mes pantalons me serrent. Mais je vais tenir. Un peu de volonté. C’est juste l’affaire de quelques jours.
( III )
Marie : petite, brune, 25 ans, regard vif, esprit frondeur, Marie est toujours en révolte. Elle voudrait la paix dans le monde, plus de famine, l’harmonie. Peace and Love.
Joy : Musicien, chanteur à la présence sur scène, beaucoup de charme auprès des filles, Joy a son répertoire, du Joe Cocker, du rythm & blues etc... son passé le hante. _________
Yann : Je suis assis sur un rocher face au port du Guilvinec, les bateaux tanguent au rythme des vagues. Je sens l’odeur du goémon et la brise marine emmêle mes cheveux. Je vais finir par les couper. Que dira Marie? J’ai plus que de l’affection pour elle et pourtant je souhaite partir vers des terres lointaines - m’embarquer comme marin vers l’Ecosse, je sais que c’est possible, Pierre-Yves m’en a touché deux mots hier au café du port. Je pourrais revenir tous les mois mais peut-on vivre aussi ? Marie aura-t-elle la patience des femmes de marins? Je me cherche, j’ai 28 ans, j’ai fait plein de petits boulots sans trouver ma véritable voie, et puis mon arrière grand-père était parti sur un trois mâts en 1918, il a passé le cap Horn plusieurs fois, j’ai la mer qui court dans mes veines.
Marie : J’allume la radio et toujours pareil : les guerres, la faim dans le monde et je me sens impuissante. Je voudrai faire partie d’une organisation humanitaire, mais il y a Yann. J’éprouve beaucoup d’émotion à son égard. Et puis zut, oui je l’aime avec un grand A - Il ne pense qu’à partir et moi je vais rester sur le quai de la gare (pardon, du port) puisqu’il veut embarquer comme marin. Serai-je capable d’avoir une vie d’attente en me faisant du mauvais sang? Cette (?) je le déteste et pourtant je l’admire au soleil couchant lorsqu’elle scintille.
Joy : J’aime me produire sur scène, avoir plein de
nanas autour de moi, cela me rassure. Mes vêtements de scène sont
exubérants, bien dans le (?) des années 70, mon jeu de scène est très
respecté, concis, les musiciens bien synchros derrière moi. Je peux
entamer mon répertoire dit de “chanteur Anglais” : Joe Cocker, Otis
Redding, Screamin’ Jay Hawkins, etc. Je pense à elle, elle aimait m’écouter
répéter, c’est grâce à elle si j’ai pu m’adonner uniquement à la musique,
et puis la lassitude à cause de mes fredaines, elle est partie. Que
fait-elle maintenant ?
A) André 30 ans propre visage enfantin grosses lèvres crâne rasé en obus laissant percevoir l’implantation des cheveux comme une ombre poils au menton blonds foncé pour masquer un menton fuyant souhaite intégrer l’équipe de rugby d’une grande ville (Bordeaux?)
A besoin d’une famille cheveux teints rouges, effilées foulard en bandeau violet clair pantalon noirs fendus à partir des genoux walkman sur les oreilles
trait . sculpte le béton cellulaire dans sa chambre de
(location) bonne commercial
ordinateur portable
noir : pantalons, chaussettes, chaussures, brun, cravate vive jaune motif turquoise fleurs naïves stylisées répétitive trait : rêve d’île du Pacifique de hamac de fleurs de femmes Gauguin _____________________ A) Je ne supporte plus d’être assis dans ce train Il a du être fait pour des nains! Je suis en pleine forme après ce stage à Font-Romeu : motivation au top, mental en acier, quelques kilos en moins! je connais Fred, il a du préparer l’entraînement, je lui fais confiance j’ai pas l’intention de me laisser marcher dessus, question contrat J’espère qu’ils auront envoyer quelqu’un à la gare. Ils ont marqué 14 heures pour les tests. J’ai faim! mon ventre gargouille mon voisin d’en face me regarde fixement. Il m’agace! Je me lève, ça balance dans le couloir, question souplesse, j’assure. Ça fait du bien aux genoux. Je reste debout devant les toilettes Qu’est-ce qu’il fait le type là dedans, on est déjà 3 à attendre . Ça m’énerve !
___ B) Je ne sais plus qu’elle qu’elle idée j’avais au départ : mais le résultat, c’est pas terrible : une espèce de monstre avec un oeil, trois bras, cul de jatte. et des kilos des déchets autour. Si c’est ça l’impression de mon monde intérieur. Et si je le peignais pour l’apprivoiser j’allume l’halogène je délaie l’acrylique et j’y vais, j’adore le rouge je m’en fous partout, mais je me sens mieux ! ouf ! Je respire à fond, l’odeur de la peinture me fait tourner la tête. Je m’assois et je contemple ____ C) J’ai chaud, dans ce café envahi par la fumée la concentration fout le camp, c’est l’âge : je baille et j’ai envie de dormir. à 11 heures du matin ça doit être l’hypoglycémie ! j’ai trouvé une prise qui marche je branche l’ordinateur : ça y est c’est parti, l’écran s’anime, je frappe les commandes de la matinée Il me tarde de reprendre la voiture et de rentrer à la maison. Ou plutôt non ! C’est en voiture que je suis le mieux Nulle part et partout à la fois, rien à prouver à qui que ce soit - Je ne supporte plus son regard quand je rentre.. Je ne supporte plus les regards en général d’ailleurs. Je baisse les yeux tout le temps. C’est plus simple Je ne sais même plus le temps qu’il fait, la lumière m’éblouit de toute façon. dormir:
je ne rêve que de dormir !
déménageur breton au regard doux dans ses yeux toutes les marées bretonnes sa carrure trop grande déborde du fauteuil, cela ne le préoccupe pas, il est concentré sur ce qu’il fait - happe avec délectation son whisky irlandais ___ Hermine 30 ans en fait 10 de plus, mal coiffée, vêtements chiffonnées. Déplacée sur le (?) du canapé, bourre son roquet de cacahuètes en espérant quitter rapidement cet intérieur bourgeois qui l’oppresse. ___ Titus maigre, noir, remuant. allant de l’un à l’autre avec vivacité rabroué par lui, consolé par elle, hume l’odeur du chat de la maison et ne sait pas s’il a envie de rester ou de partir. ________________
Fabrice Je les ai choqués en disant que c’était normal que ce type fasse du bruit - il est bon ce whisky - je n’aurais peut-être pas dû insister : c’est un basané, dans son pays il n’y a que des rideaux, il n’a pas l’habitude des portes et les ouvre et les ferme avec fracas ; maintenant ils me regardent en coin. Ils se plaignent de raclement des chaises, bien sûr le basané - il faut bien appeler les choses par leur - ne connaît que les poufs. Mais là je la boucle, je préfère profiter de la deuxième tournée. Bon eux ils parlent “du locataire du premier” qui cause des nuisances au voisinage. S’il n’était pas bronzé il ne cracherait pas par la fenêtre, ne jetterait pas ses détritus dans les escaliers, ne passerait pas dans la cour. Vraiment ils sont débiles à force de tourner autour du pot. Ils allument des cigarettes, on m’en propose une, c’est agréable de fumer sans se faire engueuler. Hermine n’ose pas intervenir devant ces gens. .....
- Paul, petite moustache et grands yeux - Jeanne, de grands cheveux qui descendent dans son dos. ________________ - ALICE Elle aimerait parler d’elle sans que cela se voit observe les autres dans l’espoir que lui vienne autre chose à dire. _________________ - PAUL Il pense à tous ces projets qui lui tiennent à coeur, changer de ville, acheter une maison, un chien, mais les oublie comme à chaque fois très vite pour laisser place à la joie de vivre qui le caractérise par obligation et qui occupe alors tout l’espace. ___________________ - ALICE Le bouton de ma jupe ne tient pas. Pourvu que cela ne se remarque pas. En plus, elle est un peu moche cette jupe ; il faudrait que je renouvelle ma garde-robe, pour faire un peu plus “femme” - Comme ça, peut-être que je pourrais trouver un mec, enfin - pff c’est la déprime. Si seulement j’arrivais à être drôle... ______________ - PAUL 20heures. J’avais promis à Cathy de rentrer tôt. C’est raté. Je ne suis pas particulièrement bien avec ces gens que je connais à peine, dans ce café “branché” ; mais devant leur insistance, je me dois de rester. J’aime bien cette image de moi : celle du boute entrain ; tous ces gens qui rient à chacun de mes propos, je trouve ça gratifiant, bien sûr - En même temps, j’éprouve comme une lassitude d’être là, coincé dans ce rôle, entre une tasse de café et six collègues de bureau. En trois quarts d’heure, ils ont fumé à eux tous au moins trois paquets de cigarettes.
Quel ennui ; n’ont-ils rien d’autre à faire, ces gens, que de
se retrouver après le travail pour se dire des futilités - Je me sens un
peu coupable finalement de participer à cette supercherie - Je serai
peut-être mieux devant une télé à critiquer avec ardeur les programmes
nationaux, ou bien avec Cathy, à programmer la naissance d’un premier
enfant... Je réponds avec cynisme à ma voisine de gauche qui évoque notre
chef de service. Des rires éclatent, une fois encore. Je suis habile! Les
gens savent maintenant bien assez que je suis drôle. Il est temps que je
rentre pour redevenir moi.
( VII )
grand, petits yeux, grosse bouche, mains très longues, phalanges recourbées, le pied droit marquant le temps. jamais là avec vous, la tête toujours en ébullition de notes de jazz, un peu lâche
David un physique à la Jésus Christ, avec des yeux rieurs et un sourire sensuel, le pied gauche marquant le temps. sûr de lui autant de son physique que de son mental. conciliant, un (?) à tout épreuve
Florence Rouquine aux yeux verts, un sifflet à la place de la voix, la main droite toujours en tapotis. totalement envahie par le monde des autres, se réfugiant dans ses convictions (?) ________________ PIERRE Je tiens de ma mère cette allure dégingandé qui n’appartient qu’aux grands, cette femme si dure à qui je dois d’avoir pu, aujourd’hui, vivre de ma passion : la musique. S’il n’avait tenu qu’à moi, j’aurais souvent jeté par la fenêtre toutes les partitions et je serais parti jouer avec mes copains après l’école, comme ma soeur avait le courage de faire. Il est vrai, que n’ayant aucun modèle d’homme, j’avais appris à me convaincre que c’était les femmes qui avaient plus de courage et je les ai toujours laissé me manipuler comme elles le voulaient. Les quatre femmes qui m’ont accompagné au bout du chemin dans ma vie d’homme, n’ont fait que reproduire le même schéma. Elles m’ont étouffé, mais je n’ai jamais pu m’en aller. C’est elles qui sont parties. C’est pour la musique que j’ai toujours existé, et cet instrument que je tiens entre mes bras aujourd’hui est le seul que j’ai pu contraindre et forcer à m’appartenir. Cette contrebasse est la seule personne au monde avec laquelle je pouvais jouer par plaisir avec autant de lâcheté.
DAVID J’ai la beauté de ma mère, j’ai le charisme de ma mère mais c’est toi qui m’a élevé, papa. Elle n’a pas pu m’insuffler comment m’en servir, alors j’en ai profité (?) au départ, j’ai quand même vite compris comment faire vibrer ces jeunes filles et ces femmes même (?) (?) que moi? Juste un gène de toi papa ; j’ai capté pour le rajouter à mon entreprise d’auto-séduction, celui de la musique. Je l’ai a (???????????????????????????????) car cela m’était vraiment facile. Je me regarde (?) sentir, leur regard posé sur le pianiste, de sentir leur souffle dans mon cou pour me demander le prochain morceau, de voir leurs lèvres accompagnées les notes dans un murmure. Je les aime toutes, je les veux toutes, je les prends et les laisse pour même qu’elles puissent m’en vouloir.
FLORENCE Tu m’as élevé comme autrefois, où la femme devait obéir à son mari sans discuter, sans avoir d’états d’âme, ni de goûts ni d’envies personnelles. Je suis lasse, j’ai tout donné au mari, aux enfants, aux parents, aux beaux-parents, à la maison, au jardin, au boulot...
J’en
ai marre, je veux fermer la maison et la grille du jardin, pas comme tous
les matins en partant, non pour toujours, pour pouvoir vous dire à tous
que Jean de La fontaine a eu tort, pour vous dire que je n’(?) de vivre un
peu mais longtemps, un peu plus mal, mais je veux être cigale avec une vie
riche de tout, qu’un fourmi besogneuse riche de rien.
( VIII )
des cheveux fous, champ de blé agité constamment, des petites ridules aux
coins des yeux signent la nature indélébile d’une perpétuelle gaîté depuis
l’enfance, elle sans cesse en mouvement du matin au lever du soir au
coucher Paul le s.d.f. l’odeur d’abord, la voix éraillée par l’alcool et le tabac, le ? d’un sac ? le sol il arrive ____ Jacques Trop épais, boudiné dans son pull marin, la démarche chaloupé par trop d’années passées en mer, le brûle-gueule au coin gauche de la bouche crée un rictus, la casquette si blanchie par les ? qu’elle semble faire partie intégrale de la chevelure longue et argentée. __________________________ Pierrette - Pourquoi toujours je cours ? Hein, le bus je le rate, tant pis j’arrive en retard au bureau et alors, - je cours, je cours, j’aime et je déteste! des fois j’ai envie de m’arrêter, alors je m’arrête, mais dès que je suis immobile, ça ne va plus, il faut que je reparte. Pourquoi est-ce que je bouge tout le temps? Je perds la beauté des choses que je ne voie pas, je passé à côté des textes que je ne lis pas, même les gens je les effleure sans chercher à approfondir, je vis finalement en surface sans jamais rechercher la profondeur d’un âme.
Paul - bon, c’est jour de marché je vais bien décrocher “keke tite” pièce pour me payer un gorgeon chez l’auvergnat, et pis un mec sympa va bien me r’filer une ou deux clopes. - s’il vous plaît donnez-moi une petite pièce. Je ne suis qu’un pauvre malheureux qui a perdu son emploi de PDG de ELF alors si je veux quand même garder ma Rolls, si je dois continuer à entretenir ma chasse en Sologne, si je ne veux pas que ma maîtresse Christine me quitte, je dois gagner des tunes, si si j’ai des références, condamné pour fraude fiscale, condamné pour abus de biens sociaux, condamné pour deux faillites frauduleuses, il est bien mon CV non?
Jacques - La mer, c’est plus c’que c’était, c’est tout pollution et cochonnerie, les moules ont des pattes et les poissons les yeux dans les nageoires, ah elle est belle la grande bleue.
- J’en vois un qui se baigne, j’ai pas un bonne vue surtout avec le soleil
plein ouest mais je suis sûr de voir une tête, tiens juste là entre le
ressac, je l’ai vu, mais j’irai pas même si on me donnait des indemnités
versées par Total, je vais prévenir la SNSM, je dois faire mon devoir de
marin, je ne peux pas laisser un parisien se baigner dans un nappe de
pétrole.
Popol
Zzzzzzzz! zzzzz, des rognons zzzz, sauce madère pchitt zzzz,
tout de suite. J’ai mal à cette jambe. _____ Frida
je suis moche, j’ai tout raté, je passerais jamais à la
téloche. Belle tu tiens ma vie captive dans tes yeux, à l’âme ravie au
contour gracieux - viens donc me secourir ou me faudra mourir. _____ Bubu (3 ans et demi)
Madame Rongiéras m’a dit que jeudi,
( X )
JP - physionomie nordique, nette, quelqu’un de net, âpre peut-être, du muscle.- prisonnier de son monde, de son passé, père mort prématurément, il le sait, l’homme d’une seule histoire de vie, c’est aussi sa force, vivre c’est cela, concrétiser un rêve dans la brutalité des faits. ____ CH - fin, brun, bouclé, cultivé, il parait cultivé, il a la peau blanche, il est soigné, des vêtements ? et de bon goût. - le mental n’est pas agité, seulement quand il pense à Olga, son regard sui les lignes de la musique qu’il écoute sans cesse, sa vie à lui est en périphérie de multiples symphonies. ____ S - la jeune femme d’aujourd’hui modèle de magazines féminins. Toujours un régime en route mais rien de grave - pas de danger
- sa vie est tiède, je sais écrire par exemple mais rien de personnel
ne vient, ??par gagner ma vie. Je ne sais pas encore bien qui je suis,
ai-je une personnalité? a-t-on tous une personnalité? (XI ) Xavier, 29 ans. taille moyenne, yeux marron, habillé de couleur neutre (marron, gris, bleu marine) en semaine comme le week-end. travaillant dans une administration de l’état où il n’a pas à se plaindre de l’ambiance. C’est un mari attentif et disponible entouré de relations qui apprécient en lui cette gentillesse uniforme sans tristesse apparente.
Nicolas. peau claire, de celle qui ne permet une trop longue exposition au soleil brûlant des étés festifs. En jeune cadre dynamique, Nicolas est parti fonder une famille aux “States” comme il dit, seul pays capable de contenir son ambition professionnelle. Sa famille n’est pour lui q’une vitrine lui permettant d’accéder aux cercles fermés des décideurs catholiques
Mathieu. Mince et élancé, sa démarche élégante lui permet quelques extravagances. ce jeune dandy parisien vit en province où il préfère être maître en son monde, qu’élève de lui trop grands des autres. _______ Xavier Elle est là à côté, ils sont là, ils dorment... je ne m’étais jamais rendu compte à quel point la nuit est calme, ce quartier résidentiel est... agréable. J’espère que nos amis ont apprécié le repas de ce soir, je pense qu’elle aime bien recevoir les Lancelin, nos enfants s’entendent bien. Ce soir encore aucun désaccord ne s’est glissé dans les conversations. le rôti n’était pas trop cuit, les pommes de terre, pas trop salées, ils ne sont pas partis trop tard. Sûrement ont-ils eux aussi passé une bonne soirée... ah il faut que je pense demain à amener le dossier de M. Ruchaud au bureau de Mme Rati. Je ramènerai un nouveau jeu aux enfants demain soir. Ça leur fera plaisir.
Nicolas “Allez Nick, t’es un winner”, j’aime bien cette idée que mon nom ait un diminutif extrêmement dynamique ici. Dans cette open space du 43ème étage tous travaillent. On travaille tous à être plus forts que Tracy partner and Co. et dans ce team je suis Nick le frenchy. De cet handicap, j’ai fait un atout je suis le frenchy celui qui a traversé l’atlantique pour bosser avec eux. Et je suis sûr qu’ils adorent ça la haut. C’est un peu comme au ping-pong cet été j’aimais bien être number one. Sauf qu’ici les raquettes sont des dossiers et les balles sont des dollars. Ouais. Je pense que je suis un très bon élément.
Mathieu
Cet unique fauteuil profond, cet appartement qui m’entoure,
une garçonnière peuplée de livres et le soir qui assombrit la pièce, je
n’allume pas. Je me demande si la vie est là tout de même. Byron,
Wilde, Brummel aidez-moi à tenir dans mon choix esthétique. Oui je doute.
Ce dandysme cynique n’est-il pas plutôt une fuite ? Bien sûr l’effet est
fulgurant, jubilatoire même, mais me sauverai-je ? Pourquoi ne pas choisir
le suicide?... Après tout voilà un acte parfait de détachement
hautain... Mouais, je ne suis peut-être pas monté assez haut pour partir,
non ? et puis ce serait donner trop d’importance à une vie qui n’en vaut
pas la peine. Profitons alors, baignons dans un hédonisme joyeux! Non
c’est trop facile... se laisser aller à des plaisirs simples,
consommer... Quelle vulgarité! Ou alors avec style, avec élégance... Quel
style ?
( XII )
je suis là, toujours là à attendre, attendre quoi ? la mort pourtant non, j’aime bien être en vie seulement j’ai peur, je ne connais personne dans cet hôpital je ne parle à personne, quelques infirmières passent, non je n’ai besoin de rien, je suis bien là sur mon fauteuil, les autres bougent, une journée de plus passe. tout à l’heure ma petite fille viendra, elle va m’enlever ces quelques poils que j’ai sur la lèvre et le menton.
B)
Je regarde la colline, je me souviens les parties que nous faisions dans
ces bois les fouilles dans le camp de César où nous trouvions des pièces
romaines, les cabanes et les pièges,...
- jupe courte marron caca enserrant deux jambes croisées gainées de bas blanc. La veste est marron, le foulard et le chemisier blanc. On a l’impression qu’elle se tient le corps pour ne pas le laisser s’échapper. Elle se mange l’intérieur des joues tandis qu’un nerf fait battre les rides sous l’oeil gauche. Ses cheveux constituent un chignon figé et serré à en mourir malgré quelques touffes récalcitrantes qui se détachent du carcan. Quand elle parle, elle ne peut qu’aboyer. - elle tient bon. Elle ne dit pas un mot plus haut que l’autre pour ne pas choquer, bouleverser les règles qu’on lui a inculqué. Elle reste assise et attend, rien ne pourra la faire bouger pense-t-elle, mais elle crève de peur qu’on lui adresse la parole ou que quelqu’un s’assoit à côté d’elle. Pour se rassurer, elle regarde les gens dans cette salle d’attente, combien sont-ils désordonnés, négligents, sans règles de vie aucune.
Pierrot : - Le téléphone est à sa place, vissé à l’oreille gauche. Un doigt décoré d’une chevalière en argent l’y maintient. Coiffure de feu, cheveux rougeoyant, dressé en buisson ardent. Cheveux rouges et yeux bleus. Blouson assorti aux cheveux, bouton du col fermé, baskets et jeans derniers modèles. Un petit sourire narquois et de grandes jambes qui battent le pavé en mesure. - Les gens s’écartent. Il ne les voit que s’il le veut bien, s’il doit s’arrêter pour leur demander une cigarette. Dans la rue il peut. Il y habiterait presque. Il écoute l’autre au bout du fil, lui parle, mais voit aussi tout le reste tout ce qui est autour de lui, ce dont il aime se moquer, ce qu’il trouve cool mais surtout pas ce qu’il ne veut pas voir.
Lancelot : - tête de tortue voûtée, caché au creux des épaules. On dirait un mur de ruine. Tout carré. Mais tout délabré. Vieil imper et vieux chapeau, vieille laisse à la main et vieux chien au bout. Ses lunettes sont incluses dans un visage qui n’a pas l’air d’être fait pour sourire. - Il ne pense pas. Il rêve à (?) dans l’attente que le chien fasse sa crotte en espérant qu’à cette heure là on ne lui fasse pas les poches.
___________________ Mireille : Je suis à peine assise depuis quinze minutes dans la salle d’attente que déjà des gens commencent à discuter autour de moi. On peut (dire) que je suis vernie. Ils sont jeunes et habillés n’importe comment, les pantalons pour les jeunes filles d’accord, mais les cheveux longs pour les garçons, ah! non! Je n’ai rien à leur dire, mais ça m’énerve de les voir entendre parler de manière aussi légère sur des sujets aussi grave. J’ai vraiment beaucoup de mérite à rester calme, maîtresse de moi, à ne pas intervenir, à ne rien dire, à ne pas polémiquer, mais je meurs d’envie de renvoyer ces jeunes à leur place. Calme-toi ma fille, montre leur que toi au moins tu sais te tenir. Mais que viens t’il de dire ce jeune hirsute, ce yéyé ? Je ne peux pas laisser passer ça ! Il faut que je leur prouve qu’ils ont tort, que moi j’ai raison, et que mes raisons valent la peine d’être écouté. Mais, je n’ai pas l’habitude de discuter comme ça, hors de chez moi et de ma famille, et quand bien même dans ma famille on a plus de dignité. Je ne parle qu’avec des gens comme il faut qui sont du même avis que moi. Comment puis-je faire alors? Ça y est ils partent. Je suis un peu rassurée car c’est un problème de moins à régler mais je me sens à la fois vidée et énervée. Énervée car je n’ai pas pu leur dire ce que je pensais, et vide... parce que je ne sais même plus ce que je pouvais bien penser. Ça ne devait pas être si important, l’essentiel c’est que je devais bien avoir raison, au fond.
Pierrot : - J’ai failli rentrer dans une citerne tout à l’heure. Il avait des traces de sueur sous les aisselles, un tee-shirt marcel et des bretelles. Un des mecs les plus gros que j’ai jamais vu à Périgueux. Je l’ai dépassé et puis j’ai éclaté de rire. Momo, il a rien pipé momo. Lui il était en train de me parler via le portable des courses qu’il était en train de faire au grand Leclerc. Il hésitait entre le gin et le whisky je crois, je sais plus très bien, j’étais trop mort de rire. J’avais les (?) qui menaçaient d’exploser, et quand je repensais à ces bretelles, ces bretelles ! ces bretelles ! Elles étaient d’une couleur, je connais même pas. J’étais tellement mort de rire que je suis même pas arrivé à taxer de clopes à une fille qui sortait du bar tabac. Il a bien fallu que je me calme et que j’explique à Momo, ben il a explosé de rire aussi, et moi j’suis reparti de plus belle, lui à Leclerc, moi dans la rue Gambetta. Je me suis un peu calmé en passant chez les flics, j’en ai profité pour taxer un mec qui passé, le genre pressé, il m’a refilé quenouille, (?) c’est le jeu. Et pis à Video future, on a continué à délirer jusqu’à ce que la vendeuse nous demande de la mettre en veilleuse. J’ai arrêté de rire, j’ai regardé autour de moi, y avait trois mecs l’air sérieux et (?) costaud au niveau des bras. J’avais plus envie de rire. J’avais l’impression d’avoir raté quelque chose. J’entendais de la musique qui sortait des hauts parleurs, Momo qui s’engueulait avec une caissière et une gamine qui pleurait en me montrant du doigt. L’ambiance était un rien glauque. Je me suis barré mais je me sentais moins gai qu’avant, il avait du se passer quelque chose dans le video-club et j’avais pas compris quoi.
Lancelot : Quand je pense que ce chien n’a que sept ans et qu’il boîte comme moi. Si jamais quelqu’un décide de m’agresser c’est sûrement pas lui qui pourra m’aider. Toutes façons qui investirait dans un Yorkshire pour du self-defense, bien je vais vous le dire, moi, qui! Ma femme. Quand on voit ce qui traîne dans les rues depuis qu’on a découvert l’insécurité, on ne se sent à l’aise qu’avec un grizzli ou un pitbull. Avant j’avais un nerf de boeuf, mais il faut avoir le bras fort ; moi, j’avais mais j’ai perdu, et le muscle et tout ce qui va avec. J’ai pas de honte à être un peu inquiet et à vouloir avoir de quoi me défendre. J’en ai rien à faire de tout ça, moi, de tous ces débats sur la violence et l’insécu, je pense juste plus avoir peur. Et là j’ai un peu la trouille. Kiki est constipé et je tremble dans le noir rue du musée des Augustins à attendre une misérable crotte. Des fois dans le noir, en promenant ce tas de poils, j’oublies d’avoir peur. Je me rappelle d’avant, du temps passé ou c’était pire, mais du temps où j’avais pas peur, le temps où c’était moi qui faisait peur. Dans ces moments là je suis moins pressé, j’accoste les jeunes, j’oublie que je suis vieux, que j’ai passé mon tour. J’ai plus peur je pense me défendre. Puis je me rappelle mes rides et mon arthrite et je me rappelles que c’est moi qui a changé et pas le monde, et je rentre chez moi... je n’aime pas l’allure du type qui traîne derrière moi.
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