|
|
||||||||||||||||||||||||
|
Violaine Massenet |
||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||
|
« Je suis née un 22 juillet 1951 dans une forteresse, au cœur du
marais saintongeais. Une partie de mon enfance s’est donc déroulée dans une
maison forte, hantée, une vieille prison du moyen-âge. Mon enfance a été
calme et studieuse en apparence. Mais derrière la façade, rêves et passions
menaient la danse. La petite fille sage cachait une sauvage. Seule la nature
m’intéressait. La nature et les histoires ; toutes les histoires. Les
contes, les légendes, les épopées, les romans, les farces. Ma mère a eu cinq
enfants et sa sœur qu’elle aimait plus que tout en a eu huit. Nous vivions
presque ensemble tant nos mères étaient proches. A l’école, je m’appliquais. Mais mes plus belles heures je les passais dans les bois avec mes cousins, sur un radeau dans les marais ou en équilibre sur les charpentes des granges à l’abandon. Mon lieu préféré était la bibliothèque : de sept ans à quatorze ans, j’y ai vécu des moments de pur bonheur. C'était «l’heure joyeuse », rue Boutebry. En mai 1968, je passais mon bac. J’étais mêlée au mouvement étudiant, j’ai eu l’examen la tête dans les nuages et dans les gaz lacrymogènes. Après j’ai commencé mes études et pris un travail. A vrai dire plusieurs. J’ai été vendeuse, saisonnière pour les pommes, les framboises, les fraises, je suis même partie pêcher. J’ai rédigé le courrier dans un ministère, enseigné la géographie, pris des note dans des séminaires pour des cadres, appris l’apiculture, récolté du miel. Le reste du temps entre étude et engagement politique. J’ai du quitter ma faculté après avoir été menacée par des groupes d’extrême-droite et j’ai terminé à Nantes, plus au calme.
J’ai commencé à écrire plus tard. C’était mon rêve d’enfant. J’hésitais, en fait entre élever des chevaux ou fabriquer des romans. Et puis j’ai épousé un poète, il a trouvé que mes lettres étaient si longues qu’elles formaient de petites nouvelles. J’ai rassemblé des morceaux, cousu entre eux les fragments et cela a donné un premier roman sur les secrets de ma famille. Les autres ont suivi. Avec, toujours, le thème de l’enfermement. Celui que l’on subit, que la société ou les convenances nous imposent, celui que l’on choisit. Mon dernier roman parle d’une femme qui vit seule en compagnie de sa fille au 13ème siècle. Sa science des herbes, ses pouvoirs et ses origines mystérieuses déchaînent les rumeurs et attisent les jalousies. Elle doit affronter son puissant cousin, surmonter bien des obstacles avant de trouver sa voie…
Je gagne ma vie en enseignant les rigueurs du droit (Faculté Jean Monnet). J’anime des ateliers d’écriture. Je travaille avec des adolescents des cités avec lesquels je prépare un spectacle mais aussi avec des femmes issues de l’immigration. J’allais oublier le plus important : ma fille Julia qui aura 16 ans en juin, mon beau-fils Tanguy qui a 20 ans en janvier ! Et bien sûr, il y a Pierre Lepère, mon mari, poète, essayiste et romancier.
Ma conception des ateliers est simple : donner la parole à ceux qui ne s’autorisent que rarement à la prendre, susciter chez chacun le goût d’écrire, offrir à chaque participant la possibilité de faire entendre sa voix. L’écrivain est parfois un passeur, voguant de récits en récits, la barque chargées de mots, de mémoire vive et d’espoir.
Bibliographie : Romans : - Les Familiers de l’ange, Julliard 1990 - La Désaccordée, Julliard 1991 - Le Voile, Gallimard 1992 - La Part du sable, Denoël 1994 - Le Sang des ruches, Denoël 1996 - Frère de sang, La Différence 1999 - Blanche de Saintonge, Flammarion 2002 Collectif : Le temps des femmes, La Différence 2001 Biographie : François Mauriac, Flammarion 2000
|
||||||||||||||||||||||||
|
|
Préambule | Biographie | L'Atelier | Accueil de l'atelier de Violaine Massenet |
|
|||||||||||||||||||