Réel / Imaginaire, avec Violaine Massenet


 

           
             
     

 

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres !

Quelle drôle d’exclamation !

Evidemment, aujourd’hui c’est aujourd’hui,

il est coincé entre hier et demain.

 

Hier, aujourd’hui, c’était aujourd’hui

bien que cet « aujourd’hui » est devenu hier

et qu’aujourd’hui sera demain lui aussi devenu hier…

 

Alors, pourquoi aujourd’hui serait-il différent des autres ?

tous les « hier » et tous les « demain »,

qui, de toutes façons,

s’effaceront

« comme les autres » !

© Scribe Bouilli - ­Lundi 10.02.03

 

 

 

            Aujourd’hui, n’est pas un jour comme les autres. Nous sommes là pour apprendre à écrire et composer un texte, une phrase, savoir imaginer le réel ou l’irréel. Comment composer un poème ; voir autour de soi. Voir l’instant précis de l’exprimer, à chaque moment par l’écriture, on sait pas être certain, de trouver les mots et les phrases, au moment voulu.

            J’exprime beaucoup, de choses, plutôt en parlant que d’écriture. J’aimerai savoir écrire, une façon et de dire et de voir les choses différemment.

            Je ne pensais pas aujourd’hui en participant être encadré par un « écrivain ».

Un jour pas comme les autres en maison d’arrêt !

          L’écriture permet beaucoup : d’écrire à sa famille, une façon de dialoguer avec ses enfants, de dire par l’écriture. Permet de voir les bons moments et le chagrin que chaque être humain a en soit !

Voir l’avenir différemment. Pour les générations futures. Etre seul, réfléchir à la vie, voir toutes les choses à chaque instant, les cris des enfants, de dire à chacun le bonheur et les joies et les malheurs. Ici je suis en prison dans une cellule de neuf mètres carré, enfermé et isolé d’un monde extérieur et de ma famille, sachant le bonheur qu’on avait. La liberté que l’on nous enlève un jour, pour une faute grave. On attend son jugement. Mais un jour je pourrai entrevoir la vie autrement, le passé doit être vu autrement sachant qu’il sera toujours en nous ! Mais la vie est devant soi. De voir l’avenir autrement, cela me permet de m’exprimer, dans l’écrit, en racontant sa vie dans l’écriture.

 

© Michel 10-02-2003

 

 

 

                        Sept années de dépression avait fait de moi un légume. Plus confiance en la vie, pas même en moi. La rencontre d’une équipe de vététistes m’a permis de me reconstruire, j’ai trouvé une famille au sein de ce groupe.

Il est 6H30, ce dimanche s’annonce bien, car du beau temps est annoncé. Je ne sais pas encore que ce jour ne sera pas un jour comme les autres.

Je me prépare pour faire ma cinquième sortie à VTT, en compagnie d’un groupe de quatorze vététistes du club de Saint-Jean d’Angély, qui eux, pratiquent la discipline depuis cinq ans. Je les ai rencontrés lors d’une randonnée, nous avons sympathisé et ils m’ont adopté. Ils sont mes maîtres sur cette discipline, particulièrement Eric, qui deviendra par la suite mon meilleur ami.

Eric avait insisté pour que je participe à la sortie de ce dimanche. Tous m’ont accueilli ce matin là avec un sourire tel, qu’il cachait forcément quelque chose. J’ai également remarqué qu’ils embarquaient pour la première fois la pharmacie, ainsi qu’un téléphone portable. Mais bon, une fois partis, je n’ai plus pensé à cela.

Les copains m’ont entraîné en des endroits très techniques, que je ne connaissais pas encore. Nous traversons un petit bois, puis débouchons sur une petite clairière. Là, je vois tout le monde stopper, car il n’y a plus de piste, ni sentier, simplement ce qui semble être un précipice. Nous descendons alors de nos montures et allons voir plus près. Il s’agit en fait d’une pente vertigineuse, dont on ne peut voir sa base, car à quelques mètres en contrebas se trouve une bosse formant une légère corniche, nous masquant le reste de la pente. Celle-ci est instable, car couverte de nombreux cailloux. Je n’essaierais même pas de la descendre à pieds! Je pensais d’ailleurs que nous allions la contourner, mais voilà qu’Eric m’annonce qu’il nous faut la dévaler. Je commence à comprendre les sourires de tout à l’heure...

Eric me donne quelques consignes, pendant qu’Areski prend un sentier détourné pour se placer au bas du mur. J’écoute attentivement Eric : « Il faut que tu baisses ta selle à fond. Pour descendre, tu places tes fesses au ras du pneu et poses ton ventre contre la selle. Pose deux doigts sur le levier de frein arrière, un seul sur celui de l’avant. Ensuite, tu te laisses couler, mais surtout, tu suis nos directives à la lettre ».

A cet instant, je me demande ce que je fais là. J’ai même complètement oublié les douze autres copains, légèrement en retrait et pour une fois très silencieux. Bon, pas question de me dégonfler, s’ils me jettent du haut de ce mur, c’est qu’ils m’en sentent capable, bien plus que moi en tout cas.

Allez, c’est parti ! Aussitôt, j’entends la voix d’Eric : « Bloque ta roue arrière, regarde loin devant toi, place ta roue avant dans la bonne trajectoire, lâche moi ce frein avant ! ». Je ne cherche pas à comprendre, j’écoute et je fais. J’arrive à la bosse et pense avoir fait le plus dur. J’aperçois à présent Areski, tout en bas. C’est lui qui me dirige maintenant. « A fond le frein arrière, léger sur l’avant. Tes fesses plus près du pneu ! ». Je regarde loin devant moi et me rends comte que la piste d’atterrissage n’est pas bien longue. Seul un chemin en terre fait barrage à cette pente, avec un fossé puis une haie de ronces juste après. Arrivé sur le chemin, j’écrase les deux leviers de freins et arrive à stopper la roue avant dans le fossé.

Tout le monde m’applaudit. J’attends de voir les autres descendre, mais personne ne vient. Ils arrivent finalement tous par le même sentier détourné qu’avait emprunté Areski. Je n’ai pas eu de montée d’adrénaline lors de la descente, c’est une fois descendu que l’adrénaline m’est montée. Je n’ai pas vraiment réalisé que je dévalais un mur de 80 mètres. Le reste de la randonnée ce fait tranquillement.

Le soir même, nous mangeons tous au restaurant, peut-être parce que j’ai signé ma licence d’adhésion au club la veille.

En effet, Eric, le président de la section VTT, fait son petit discours. Il lève son verre à mon adhésion, puis me dit que la pente de ce matin, qu’ils baptisent eux-mêmes « le mur de la mort », était en fait mon bizutage. Des quinze que nous sommes, je suis l’un des trois seuls à l’avoir dévalée sans casse. Il y a eu une jambe cassée, une clavicule, deux bras, d’autres s’en sont tirés en laissant simplement de la peau sur la pierre, quant aux vélos, cela me ferait mal d’en parler.

En récompense, Eric m’a promu secrétaire adjoint et coordinateur de la section VTT du club de l’Union Vélocipède Angérien.

Je n’ai jamais vécu d’autre journée telle que celle-ci.

                                                                                           ©  J-G  A

 

 

Aujourd'hui n’est pas un jour comme les autres. Cela fait 9 mois que j'attends, la mère aussi d'ailleurs, puisque nous attendons avec impatience la naissance de notre premier enfant.

Nous sommes le 30 avril, 21 H 30. Les contractions se font de plus en plus pressantes, il est temps de partir pour la clinique. Bien que je n’aie pas porté cet enfant pendant sa conception, mes boyaux se tordent, j’ai des suées, je me sens faible et j’ai une certaine appréhension. Et si ça ce passait mal ! C’est inquiétant de penser que le plus beau jour de ma vie me mette dans un état pareil !

23 H 50, ça y est, la phase terminale de cette longue attente est sur le point d’aboutir. J’ai décidé d’être présent pour l’accouchement afin d’assister à ce petit miracle de la nature.

0 h 20, la tête apparaît et la tension monte. La mère crie de douleur et moi j’ai les jambes qui flageolent. Je me demande de qui, de la mère ou de moi est le plus mal. Vais-je tenir le coup ?

Il est 0 H30. Dans un dernier effort de la mère, c’est la délivrance pour tous les deux, ou plutôt pour tous les trois, car ça y est, il est là, ce petit être chétif et fragile dont j’ai tant attendu la venue.

Cette journée qui s’annonçait au départ plutôt ordinaire, a fait de moi un père pour la vie.

                                            © S-M : Le 10 / 02 / 03

 

 

Aujourd’hui n’est pas une journée comme les autres. Déjà, c’est le début d’une nouvelle semaine. Cette journée est assez ensoleillée, même si le froid est bien présent. Nous n’avons toutefois pas de neige, comme dans certaines régions de la France.

 En début d’après-midi, je suis sorti en promenade. Cette sortie fut très motivée par mes collègues, mes nouveaux amis. Depuis quelques jours, j’occupe un poste en cuisine, au sein de la détention. Cela fait plus de cinq mois que je suis en prison, que je ne travaillais plus.

 La motivation est là. Le courage ne m’a point lâché. L’ambiance au sein de l’équipe semble plus que sympathique. Je suis en période d’adaptation, je m’intègre. Le soutien des collègues, le retour du moral, le fait de travailler, sont les principaux éléments qui font qu’aujourd’hui, je sois bien mieux…

 Je suis une formation, suis épaulé, conseillé par mes collègues, principalement les plus anciens. Certains détenus sont là depuis plus de trois ans. Cette intégration en cuisine n’a pas été une mince affaire. D'une manière générale, l’accès est réservé à des personnes ayant une lourde affaire, susceptible de prendre une longue peine.

Moi, j’ai réussi à passer le cap. Cela n’a pas été une mince affaire. Au sein de la détention, vous essuyez des problèmes dont vous n’êtes pas l’auteur. Vous restez sage, dans votre coin. Pourtant, vous rencontrez des obstacles, des barrières que vous n’avez pas dressées.

 Aujourd’hui, je suis réconforté, posé. J’ai réussi à m’éloigner de la solitude. Je m’évade de mes neuf mètres carré de cellule pour travailler. En équipe, nous préparons les repas journaliers pour l’ensemble des détenus. Je ne me sens plus inutile et pour quelqu’un qui est en prison, c’est plus qu’un pas en avant. C’est plus qu’un changement. C’est un semblant de renouveau.

 Sur cela, je peux dire, qu’aujourd’hui n’est pas une journée comme les autres.

 Philippe-R

     
     

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