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Le monde carcéral est mon univers depuis plus de 26 mois. Je ne lisais pas, je suis tout de même allé jeter un oeil à la bibliothèque. Peu courageux de me mettre à la lecture, j’ai tout d’abord pris quelques BD. Une fois lassé, j’ai attaqué les récits de voyages, puis des romans en tout genres. Mais je n’allais pas lire à longueur de journée. C’est alors que j’ai eu l’idée d’écrire un journal de bord, raconter ma vie carcérale, la vie carcérale, ainsi que quelques retours sur ma vie passée. Je pensais que cela me suffirait à bien vivre la prison, mais cela n’a pas été le cas. J’ai alors écrit mes coups de gueule, avec cynisme ou dérision, parfois avec humour, sous formes de citations. Pour chasser mes idées noires, l’inspiration m’est venue pour la poésie. J’ai écrit des textes, plus ou moins sombres, passant du désespoir à l’espoir, ou l’inverse. J’ai pu vider tout mon mal être sur le papier, je pensais m’être libéré de toute idée morbide, je me croyais en sécurité. Aujourd’hui, j’ai très souvent besoin d’exorciser ce mal être qui me harcèle toujours, mais l’inspiration n’est plus, j’ai déjà écrit tout ce que j’avais sur le coeur. Ces idées, tous ces mots me poursuivent encore, inlassablement. J’y pense très souvent, alors, chaque fois, je me répète la même chose : je n’écrirai plus de poèmes, c’est de l’histoire ancienne. C’est ma façon de tenter de chasser tout ce qui me ronge l’esprit, effacer tous ces mots et retrouver une page blanche pour, qui sait, recommencer de nouveaux écrits, une nouvelle vie...
© J-G A
Tel est mon sentiment.
On me demande quel est le sentiment qui me représente le mieux. Ce n’est pas gagné, car j’ai un trop plein de sentiments, j’ai l’impression d’avoir accumulé tous ceux qui font que l’homme existe. Je vais finalement vous parler de celui qui me poursuit depuis toujours, c’est le sentiment de recherche. Je suis en perpétuelle recherche et perpétuellement insatisfait lorsque je trouve. J’ai soif de connaissance et de reconnaissance. J’ai un grand besoin de me sentir utile, un grand besoin de communiquer, de rencontrer des gens, d’être entouré de mes amis. Je recherche constamment une présence, faute d’avoir trouvé l’âme soeur. Je suis curieux de tout, je m’intéresse à tout. Je me définis d’ailleurs comme ceci : « touche à tout, expert en rien ». C’est bien, me direz-vous. Mais passer sa vie à chercher sans jamais rien trouver, c’est fatiguant. A trop vouloir chercher, on finit par perdre le peu que l’on possède. Je sais de quoi je parle, mes recherches m’ont amené tout droit à la prison. Aujourd’hui, je recherche la sortie... © J-G A
« Violaine, l’atelier d’écriture et moi. » Ma rencontre avec cet écrivain fut un réel plaisir. Violaine est une personne généreuse, très à l’écoute des autres et m’a apporté énormément sur le plan humain. La cerise sur le gâteau est qu’elle est née tout près de l’endroit où je suis moi-même né. Mon seul regret fut de ne pas avoir eu la possibilité de mieux faire connaissance, de même avec son amie Hélène, restée parmi nous trop brièvement. Le fait de participer à un atelier d’écriture ne me disait rien qui vaille. J’ai toujours aimé écrire, je tiens même depuis vint six mois un journal racontant ma vie carcérale, la vie carcérale. Mes proches aiment ma manière d’écrire, je ne voyais donc aucune raison pour y changer quoi que ce soit. Je me suis néanmoins rendu à cet atelier, principalement par curiosité, mais également pour me changer les idées à quelques jours de mon procès. Dés le premier exercice que Violaine nous a donné à faire, je me suis surpris moi-même. A partir d’une simple phrase ou seulement d’un mot, qui ne m’inspiraient souvent que très peu de choses, je suis parti à écrire comme jamais je ne l’avais fait auparavant, à un tel point qu’il fallait que je me fasse violence pour ne pas faire des textes trop longs. J’ai tellement pris plaisir à cela, que j’ai écrit bien plus de textes qu’il ne m’en était demandé. Certains travaux seront à faire pour dans sept à huit semaines, j’ai déjà terminé. J’ai d’ailleurs du mal à m’arrêter, cet écrit étant le dernier demandé, je me pose la question quant à savoir comment je m’occuperai désormais. Violaine a eu la sagesse de ne m’imposer aucun style d’écriture. Elle m’a simplement permis d’exploiter mes compétences, mes possibilités, tout cela sans avoir eu l’impression de faire un effort quelconque. L’atelier m’a aussi permis de faire un bilan sur ma vie passée, de chasser les fantômes, de tourner une nouvelle page. Dans ma manière d’écrire, j’ai pu jongler avec toutes sortes d’émotions, plus ou moins fortes, passer de la tristesse à l’humour en un clin d’oeil, même me moquer de moi. Je me suis vraiment régalé et j’attendais avec impatience les critiques de Violaine, afin de parfaire mes textes et progresser dans l’écriture. Violaine et son atelier ont été une grande bouffé d’oxygène dans ma vie carcérale, dans ma vie tout simplement. © J-G A |
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Biographie de
Violaine Massenet
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Préambule |
Accueil de l'atelier de Violaine Massenet
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| Témoignages | ||||||||||||||||||||||||