Réel / Imaginaire, avec Violaine Massenet


 

     

 

     
             
     

 

« Moi tout seul »

Moi tout seul

J’ai appris ce qu’est le respect de l’autre

Moi tout seul

Qui ai supporté l’emprise malsaine de ma famille

Moi tout seul

Qui a pris mes propres décisions

Moi tout seul

Qui a pris les mauvaises décisions

Moi tout seul

Qui a atteint le point de non retour

Moi tout seul

Qui a besoin de réfléchir

Moi tout seul

Qui doit trouver la sagesse

Moi tout seul

Qui doit à nouveau prendre des décisions

Moi tout seul

Qui fera ce chemin difficile

Moi tout seul

Qui fera quelque chose de ma vie

Moi tout seul

Qui reprendra ma place dans la société

Moi tout seul

Qui gagnera le respect de l’autre

Moi tout seul

Qui ne le restera pas puisque mes amis sont

© J-G  A

 

« MOI AUSSI »

Moi aussi, j’ai eu une enfance difficile

Moi aussi, j’ai grandi dans la rue

Moi aussi, je me suis assagi

Moi aussi, j’ai trouvé du travail

Moi aussi, j’ai vécu dans un cirque

Moi aussi, j’ai eu des accidents

 Et moi aussi, je m’en suis remis

            Moi aussi, j’ai recommencé à zéro

            Moi aussi, j’ai découvert l’amour

            Moi aussi, j’ai des amis

            Moi aussi, je pense aux malheurs des autres

            Moi aussi ,je n’en reviens pas de la misère du monde

            Moi aussi ,j’ai voulu des enfants

 Et moi aussi, j’en ai eu

            Moi aussi,  j’ai eu des déceptions

            Moi aussi, j’ai pris la route

            Moi aussi, je me suis perdu et retrouvé

            Moi aussi, je suis dégoûté de la politique

            Moi aussi, j’ai monté un commerce

            Moi aussi,  je cours après l’argent

 Et moi aussi, j’en manque

            Moi aussi, j'ai trouvé un logement

            Moi aussi, j’ai une voiture

            Moi aussi, je rêve d’égalité         

            Moi aussi, j’aime aimer

            Moi aussi, j’ai été seul

            Moi aussi, je n'arrête pas de penser

Que moi même, je suis unique. 

© S-M 

 

 

« Moi tout seul »

« Moi tout seul »,

 j’aime bien être « moi-même », « moi aussi » !

 

« Moi aussi » j’aime bien être tout seul

            Faut-il être seul pour se retrouver avec soi-même ?

 

            Peut-on le faire à deux dans 8m²

                        24 heures sur 24 ?

                        12 mois sur 12 ?

 

« Moi tout seul »,

même à deux, j’essaye !

 

« Moi-même » pensant que “qui n’essaye pas n’a rien”.

« Moi aussi » pense que l’autre est un intrus incongru,

l’incongruité ne venant d’ailleurs pas de lui !

 

« Moi tout seul » comprend cette tolérance

et « Moi-même » dit « Moi aussi »,

c’est déjà en cela une certaine forme d’harmonie…

 

…même si…

 

« Moi aussi »

« Moi-même »

et « Moi tout seul »

en ont marre de moi !

 

Mais, même si je ne suis pas tout seul,

« Moi » est toujours là,

finalement éternellement seul,

le nombre n’a rien à voir à l’affaire !

 

« Tout seul » ou « même » « aussi »

seront toujours au second plan

et « Moi » tout seul devant…

 

© Scribe Bouilli 18.02.03

 

 

Moi tout seul, j’ai grandi.

Moi tout seul, j’ai dû vivre dans une famille bizarre.

Moi tout seul, j’ai eu des malheurs.

Moi tout seul, j’ai perdu une être chère.

Moi tout seul, j’ai dû survivre sans Sarah.

Moi tout seul, qui depuis sa disparition, je ne vivais plus.

Moi tout seul, je n’ai pu faire le deuil de son décès.

Moi tout seul, je ne voulais plus aller de l’avant.

Moi tout seul, je me suis renfermé.

Moi tout seul, j’ai survécu pour les autres.

Moi tout seul, je survivais grâce à mon boulot, mes amis…

Moi tout seul, je me suis fait du mal.

Moi tout seul, je suis en prison.

Moi tout seul, je suis là à attendre, je ne sais plus quoi.

Moi tout seul, j’en ai souvent marre de tout.

Moi tout seul, je souffre dans mon coin.

Moi tout seul, j’essaie tant bien que mal de noyer,

repousser cette solitude que j’ai laissé grandir autour de moi.

 

Moi tout seul, je ne sais pas si j’y arriverai…

  Philippe R.

 

       J’aurai tant à me dire, moi aussi, qu’est ce que je fais ici, enfermé, dans cette cellule, mon collègue regardant la télévision.

       Le temps de mon écriture cela devint un besoin en moi, de penser à mes enfants Cynthia, Angèle, Anaïs placées dans un centre infantile, loin de leur maman et moi tout seul à combattre l’isolement. J’aime me retrouver seul, dans la cour de promenade, enfermé par ces grands murs. En regardant le ciel je vois ce grillage, je suis comme l’oiseau enfermé dans sa cage, goûter à la chaleur du soleil, on voit le printemps arriver, nous avons une nature morte à l’intérieur de ces murs. Je ne suis plus moi-même, on vous enlève tout, mais je garde ma dignité d’homme- entrevoir en soi-même, retrouvé ma femme et mes enfants, retrouver les êtres qui vous aiment et les amis qui croient toujours en mon retour dans cette société. Le PERE qui doit se retrouver, voir en un monde nouveau.

      Le souvenir c’est comme le temps, tout comme les saisons - printemps, été, automne, hiver, comme vivre en harmonie avec le temps, le temps que l’on savoure à chaque minute et l’heure passe vite, la journée passe vite. Chaque personne court après le temps, pour aller au travail, attendre comme tous les jours le métro, autobus pour rejoindre son travail, excuse-moi je n’ai pas le temps de m’occuper de vous, je suis pris car j’ai un rendez-vous on se verra après. Le souvenir de son enfance passe très vite, on passe à l’adolescence et à l’âge adulte- que le temps passe vite ; se souvenir de son mariage, la naissance de ses enfants et vous formez un famille - se souvenir des bons moments, de les voir grandir, là on se souvient d’avoir vu leurs premiers pas, le son de leurs premiers mots, prendre le temps de les éduquer, prendre le sens de sa responsabilité ; car cela passe vite puis on oublie qu’un jour ils nous quitteront, ils feront leur vie- le temps d’une vie trop courte, les souvenirs que nos parents ont fait de leur temps la même chose. On oublie son passé pour prendre conscience du temps passé, car la vie est un temps, un souvenir, cela passe trop vite, on oublie une chose qui vous a marqué. Le temps de la vie oublie que cela passe trop vite - il nous restera toujours le temps qu’un jour on se souviendra d’avoir oublié qu’on a le temps. La vie est comme les souvenirs car le temps prendra de votre vie et l’on viendra à se souvenir de vous. L’oublie restera avec le temps, oublier les mauvais moments, les choses qui vous manquaient. PARTIR avec les souvenirs, on oublie que cela passe trop vite. De ne pas avoir eu le temps car on part avec ses souvenirs…

 © Michel

     
     

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